— Quoi? demandai-je, étonnée.
Il se dégagea, sauta vers la porte, se tapa alors sur la cuisse, esquissa de sa main retournée un geste indécent, et goguenarda, en se sauvant :
— Voilà pour toi!
— Klaasje, Klaasje! répétais-je. Mère, regardez-le donc : il a déjà pris des manières canailles.
— Aussi tu es là à faire des embarras, comme s'il avait rapporté la gale. Tu nous embêtes tous avec tes éternelles récriminations. Il a des poux : et puis? Les enfants doivent avoir des poux : c'est la santé.
A quelque temps de là, n'ayant plus de travail, j'étais seule à la maison, accroupie sur mon canapé et rêvassant tristement, quand la porte s'ouvrit en coup de vent. Klaasje entra, se jeta à terre et rampa droit sous le canapé ; il était suivi d'une femme furibonde.
— Il a volé la pipe en merisier de mon mari, écumait-elle. Il était venu jouer à la maison avec mes enfants ; la pipe, une pipe de six francs, se trouvait sur la cheminée. Et, quand ce vaurien est parti, elle avait disparu ; il doit l'avoir sur lui. On vient de me dire qu'il a déjà été en prison ; si je l'avais su, je ne l'aurais pas laissé jouer avec mes enfants.
— Il a été condamné pour avoir cassé une vitrine, protestai-je, et non pour vol ; il ne vole pas, et vous allez le fouiller vous-même.
Je tirai Klaasje de dessous le meuble, et lui enlevai sa camisole que je jetai à la femme. Elle la fouilla : rien.
Je lui ôtai son pantalon et le lançai vers la femme. En tombant à terre, il rendit un son sourd. Nous sautâmes dessus toutes deux, et le fouillâmes. Dans le fond, que j'avais renforcé d'une doublure, se trouvait la pipe, entre l'étoffe et la doublure : le haut était juste assez décousu pour y glisser un objet.