Je m’engouffrai dans notre cave. Ah ! quelle délivrance ! On eût dit que tout se remettait en place dans ma tête. Je me jetai sur le dos, jambes de-ci, tête de-là, sur une chaise : ainsi couchée, les membres pendants, le calme et le bien-être me revenaient.
Dieu, quel délice d’être hors de ce soleil ! Ici, il ne pénètre jamais ; il y fait noir et frais, c’est exquis ; l’eau coule des murs ; le plancher est mouillé… Et j’y frottai avec volupté mes pieds enflammés… Si je pouvais boire et manger, couchée ainsi…
— Mère, où sont mes pommes de terre au vinaigre ?
— Oh ! tu comprends, je ne pouvais pas garder l’âtre allumé pour te les tenir chaudes.
— Mais je les préfère froides, avec beaucoup de vinaigre.
— Ah je ne savais pas !…
— Où sont-elles, mère ?
— Nous les avons mangées : je croyais que tu les aurais voulues chaudes. Voici une tartine.
Je la mangeai en maugréant.
Ma mère alla vers l’armoire et versa quelque chose dans une tasse.