— Retire ta tête, vilain gosse, lui disait une des femmes.

Mon père rentra. Il m’aperçut devant l’alcôve, observant curieusement. Il m’empoigna.

— Toi, déguerpis, et que je ne te voie pas de la soirée.

Et il me jeta dans l’impasse.

Na ! comme si je ne savais pas que mère allait venir dans l’échoppe ! Je sais très bien que les enfants sortent du ventre. Mais comment ? Est-ce par le nombril, ou est-ce qu’on éclate ? Les chiens et les chats, c’est par leur « pissie ». Ce n’est pas possible chez nous… Enfin, la prochaine fois, je me cacherai d’avance sous le lit, et alors je saurai bien.

J’allai errer sur le Nieuwendyk. Bientôt je rencontrai des petites voisines. Nous nous mîmes à chanter des tyroliennes, puis à raconter des contes. Après, nous allâmes sur le Spui sonner aux portes ; mais, une à une, mes camarades rentraient chez elles. Moi, je n’osais pas. Je m’assis sur le banc du perron de la marchande de friture. Je toussais fort. Bientôt la femme sortit pour voir qui toussait ainsi devant sa porte.

— Que fais-tu là, petite ? pourquoi ne retournes-tu pas chez toi ?

— Mère doit acheter un petit enfant.

— Ah ! ah ! Eh bien, viens un peu chez nous.

Elle m’amena au fond de la salle, devant la porte ouverte de la cuisine. Elle murmura quelque chose dans l’oreille d’une autre femme, puis dit :