— Ils habitent bien l’impasse, mais elle est proprement habillée.
Elle se rassit devant l’âtre, où un énorme feu de tourbe faisait bouillir de l’huile dans une marmite de fer suspendue à la chaîne, et continua sa friture de poissons pour le lendemain. Je la regardai longtemps, à moitié assoupie par la chaleur.
— Ma fille est couchée, sans cela tu pourrais jouer avec elle, mais tu reviendras le jour. Maintenant retourne chez toi, je crois que tu peux rentrer, et reviens demain.
Elle me poussa doucement devant elle.
J’entrai dans l’impasse et regardai d’abord par la fenêtre. Mon père était assis près de l’âtre, fumant sa pipe. La lampe morveuse se trouvait derrière lui sur la table et éclairait l’alcôve. Tout y était tranquille. J’ouvris la porte et restai sur le seuil.
— Ah ! Keetje, c’est toi, ma Poeske, viens te chauffer.
Il me donna un peu de café ; il ne me parla pas de l’événement ; je n’osais rien demander.
— Keetje, fit ma mère, de l’alcôve, c’est une petite sœur.
Je sautai vers le lit et ma mère me remit un petit paquet fortement emmaillotté.
Je m’approchai de la lampe. Une petite tête rouge en sortait, mais tellement achevée et fine que j’en fus tremblante de tendresse.