— Je ne le ferai pas, je suis le trottin, je ne suis pas de la maison, c’est votre besogne.

— Tu le feras ! fit Line, blanche de colère.

Elle empoigna le seau rempli d’eau et voulut me forcer de le prendre, en courbant ma main sur l’anse. Mais j’y donnai un coup de pied qui le renversa dans la cuisine bien nettoyée, puis je m’enfuis de la maison et rentrai chez nous. Tout le monde me donna raison, Mina en tête, et je ne retournai plus chez le pharmacien.

Je pensais au livre de Rembrandt, que je n’avais pu lire, et un peu à Willem, mais pas beaucoup… en somme, c’était un riche… Ma mère trouva mieux de m’envoyer de nouveau pour un an à l’école.

— C’est encore là que cette créature enfantine est le mieux…

— Père ne revient pas. Il ira encore boire la moitié de sa paie. Je ne peux pas aller à sa recherche, Klaasje a toujours mal au ventre. Keetje, va donc voir si tu ne le trouves pas aux Trois Pigeons, ou chez la « bancale », ou chez les autres…

Je m’en fus. A toutes les fenêtres des estaminets, j’essayais d’abord de voir par les fentes des rideaux, puis j’écoutais si je n’entendais pas chanter mon père, car il avait la boisson heureuse, mon père. Chez la bancale, je l’entendis qui discutait.

— Mes chevaux sont mes enfants ! Ils sont bons, intelligents, je vous dis : pour me laisser me coucher à côté d’eux dans le box, ils me font littéralement une petite place.

Il est éméché, mais pas saoul… J’entrouvris la porte et regardai d’abord comment je serais reçue.

— Ah ! Poeske, s’écria-t-il, dès qu’il m’aperçut, tu viens me chercher, approche.