En buvant le thé, je demandai :
— Alors, mademoiselle, vous trouvez le chapeau joli, et vous êtes satisfaite ?
— Oh oui, très joli, et nous sommes très contentes, n’est-ce pas, Aaltje ?
— Oui, fit Aaltje, les voisins verront bien aussi qu’il coûte cher.
— Oui, et qu’il vient d’une grande modiste.
— Eh bien, Mademoiselle, c’est moi qui l’ai fait, le chapeau.
La vieille me regarda, paf ; son nez se pinça ; la petite devint toute rouge.
— Comment, c’est toi qui as fait le chapeau ?
— Toi ? toi ? ajouta la petite.
— Et c’est pour ça que je vais chez une grande modiste ? Est-ce que mon argent n’est pas aussi bon que celui des autres, qu’on laisse torchonner mes commandes par la commissionnaire ?