J’aimais cependant l’impasse, et tous les voisins nous avaient fait fête à notre retour et s’étaient étonnés de nous voir si grandis.
— Mina est une jeune fille, et Keetje n’est plus une enfant. Keetje, voyez donc, elle a trois fois plus de cheveux que lorsqu’elle a quitté il y a trois ans… Dieu ! qu’ils ondulent et qu’ils sont clairs : c’est comme du maïs… Et voyez donc ses ongles… Elle s’est élancée, elle est haute sur échasses, mais un peu pâle… Bientôt il lui faudra une robe longue…
On demanda quelque chose à l’oreille de ma mère.
— Non, non, c’est encore une enfant, fit-elle.
— Tout à fait une enfant, ajouta Mina, et ne vaut pas qu’on s’en occupe tant.
— Oh n’aie pas peur, on s’occupera toujours d’elle ! c’est elle, le coq faisan de la famille.
— Je ne me laisserai pas manger le fromage de mon pain par elle. C’est une enfant, et elle n’aura pas de jupe longue de si tôt… Quant à ses cheveux jaunes, huhu…
Elle n’acheva pas sa pensée.
— Et que va-t-elle faire maintenant, grande comme elle est ? servir ? aller à la fabrique ?
— Oh non ! j’apprends les modes.