La paysanne était seule : elle me fit déjeuner. Mon cousin entra pour son second petit déjeuner, puis il m’emmena.

En contournant la maison, ce fut un éblouissement. Je me mis à courir en criant :

— Des pissenlits ! des pissenlits !…

Mon cousin et le paysan se tordaient. Arrivée près des fleurs, je vis que ce n’étaient pas des pissenlits.

— Ce sont des narcisses, sœurette.

— Mais il y en a tant ! tant ! m’écriai-je ; tout un champ et encore et encore…, fis-je en me retournant.

Mais je m’arrêtai, comme prise de vertige.

— Et là ! Et là !

Devant moi s’étendait un champ de fleurs bleu-violet, dont se dégageait le parfum qui me grisait depuis la veille ; à côté, un autre carré énorme avec les mêmes fleurs, mais roses, puis encore un lilas, puis d’autres blanches et encore des champs couleur chair et couleur pourpre…

Je courus par les rigoles, éperdue d’admiration.