— Fichtre, je comprends que tu ne veuilles jamais déjeuner chez moi ; moi, qui ne suis guère sortie de mes choux et d’un morceau de viande…

André me dit le soir :

— Ma mère ne veut pas croire que tu es toujours aussi simplement mise, elle est persuadée que tu as fait une toilette de circonstance : puis elle a la sensation que tu ne l’aimes pas.

— Enfin, elle a déjà pensé que j’ai joué la comédie de la simplicité, pour faire croire que je ne te ruinerais pas.

— Elle croit cependant que tu attaches une grande importance à la beauté, et tes ongles en amande l’ont étonnée. Je lui ai dit que le tub jouait un grand rôle dans ta vie.

— Et elle ne t’a pas répondu par la réflexion des de Goncourt ?

— Si… Comment sais-tu cela ?

— Parce qu’elle est de la même époque, et cette génération ne s’est jamais habituée aux grandes eaux. Il est bien dommage que je n’aie pas de chambre de bain : ce serait, je t’assure, la chambre que j’occuperais le plus. Quelle mentalité étrange avait la génération de nos parents… croire que l’habitude du tub a pu donner aux femmes une tendance à se dévêtir trop facilement !

— Ma mère raconte qu’en pension elle se baignait en chemise.

— Mais, pour s’essuyer, il fallait cependant bien qu’elle l’ôtât… Enfin, ta mère a cité cette réflexion des de Goncourt quand il s’agissait de moi. — Elle est bien tombée : je ne connais pas le corps de Naatje ni elle le mien… Je n’aime pas les impudeurs, mais que dirais-tu si je restais toujours couverte d’une manière quelconque ?