— Quelle voix délicieuse ! s’exclamait-elle à chaque instant.
Ce m’étaient autant de chocs au cœur.
Après, je la faisais répéter. Son tempérament était encore renfermé, et elle ne savait pas donner ce qu’il fallait ; mais, un jour que je lui eus dit Andromaque comme je le comprenais, un rideau s’écarta de devant elle. Depuis elle vit clair.
Un après-midi de mars, nous regardions d’énormes bourgeons sur l’unique marronnier de mon jardin.
— Marthe, ils me font songer à la musique de Lohengrin.
— Hein… Quoi ?
— Mais, oui, Lohengrin… Son amour avec Elsa est tellement gros de désir, tellement tendu, qu’il est comme ces bourgeons que la sève fait palpiter et qui sont prêts à éclater…
— Grand Dieu ! pour quelqu’un qui sait aussi peu de musique, tu en as des sensations !
— Mais est-elle juste ?
— Je ne sais, je dois faire attention quand j’entendrai encore Lohengrin…