— Eh bien, flanquez-moi par la fenêtre, cela vaudra mieux que de me faire continuer cet vie abjecte… Faites-le donc, ce serait fini du coup !
Nous étions les yeux dans les yeux ; lui, dans la pose du lutteur qui va empoigner son adversaire ; moi, mes maigres bras et mes mains crispées levées vers lui.
Tout d’un coup, il pâlit affreusement et partit… C’était fini, j’avais gagné.
Toute tremblante, je m’habillai et sortis battre les ateliers pour trouver à poser. Puis, j’avais raccommodé pour un peintre des tapisseries anciennes… Peut-être pourrais-je me procurer, chez des antiquaires, un travail de ce genre…
Montagne-de-la-Cour, j’entrai dans un magasin d’antiquités. Quand j’eus expliqué ce que je savais faire, l’antiquaire me répondit :
— Certes, je peux vous donner de l’ouvrage, mais pas tout de suite… si vous voulez repasser…
En sortant, une jeune fille m’accosta.
— Vous avez été vendre quelque chose chez ce vieux ?
— Non, je suis allée demander de l’ouvrage.
— Il faut prendre garde : c’est un vieux cochon… il voudra coucher avec vous, mais ne rien vous donner…