— Oh ! madame, ce n’est rien, on sait bien ce que c’est que des gosses ! jusqu’à cinq à six ans, ils le font tous…
Comme il n’était que six heures quand j’arrivai chez moi, je ne pus m’empêcher de lui couper les cheveux ras, pour la vermine, de lui laver la tête au savon, de faire remplir mon tub d’eau chaude et de l’y savonner d’importance. Il trouvait cela exquis et, quand je le couchai tout nu entre mes draps blancs, il se roula et s’étira, les yeux luisants et l’eau à la bouche de bien-être.
— Oh ! tante, que c’est bon ! tante, que c’est bon !…
Et il jeta ses gros petits bras autour de mon cou et m’embrassa frénétiquement.
— Comme c’est beau ici, tante… est-ce que je peux rester ici ?
— Oui, chéri, c’est ta maison, et demain tu verras ton oncle.
— J’ai aussi un oncle ?
— Oui, un oncle avec une barbe.
— Père n’a qu’une moustache. Est-ce qu’il donne des coups de pied comme père ?
— Ah ! non, il t’embrassera.