— Ah ! je pourrai travailler ici comme père. Je veux aussi être forgeron. Nous nous installâmes dans la chambre où j’avais mes livres, ma machine à coudre et mon mannequin à robes. Il dansa tout de suite sur le canapé, à rompre les ressorts.
Je craignais un peu le premier contact avec André : le petit, malgré ses deux lavages, était encore bien rugueux, bien un enfant négligé, et sa tête rasée n’ajoutait pas à sa beauté ; on ne voyait que son nez épaté et tuméfié.
En effet, André le considéra longuement.
— Ah ! sapristi, il n’est pas beau…
— Il changera ; si tu l’avais vu chez lui, tu ne l’aurais pas pris.
— A-t-il assez l’air enfant d’impasse…
— Oui, mon cher, voilà le cachet de la misère… j’ai été ainsi, mais maintenant je ne déteins pas à côté de toi.
— Allons, c’est la première impression. Je crois bien que cela ne paraît pas chez toi… ta peau et la sienne…
Puis il essaya de parler avec le petit.
— Qu’est-ce qu’il dit, tante ? mon oncle ne sait pas parler…