Nous nous arrêtions toujours devant une impasse du voisinage : il appelait les enfants dépenaillés « Catootje » et « Jan », comme ses frères et sœurs.

— Tante, vois donc, cette Catootje n’a pas de mouchoir : quel nez, mon Dieu !

— Donne-lui ton mouchoir, avec ces dix centimes.

Et il courait, baragouinant le français pour se faire comprendre de la petite.

Quand je revenais le soir avec lui de chez André, je lui montrais les étoiles, en disant que celles qui scintillaient étaient des soleils et les autres des terres, mais que les soleils n’étaient pas tous de la même couleur : qu’il y en avait des bleus, des orange, des jaunes, et encore d’autres couleurs que j’ignorais. Souvent il m’arrêtait, et, sa petite tête levée, il me montrait une étoile qui scintillait :

— Tante, c’est un soleil.

— Oui, il est bleu.

— Bleu, c’est comme ta robe ?

— Oui, ma robe est bleue, mais ce soleil est plutôt comme le ruban, sur le chapeau de dimanche de Mieke : bleu électrique.