— Cela vous fait pleurer ? Du reste, pourquoi vous auraient-ils donné leur enfant ?

— Mais, madame, pour qu’il ne reste pas dans cette effroyable misère qui est la leur… André et moi, nous en aurions fait un homme.

— Peuh !… Quand, moi, je veux obtenir quelque chose des gens, je commence par les acheter. Pourquoi feraient-ils quelque chose pour vous ? Il faut les acheter, il n’y a que cela…

André avait le nez dans son assiette, et une main crispée autour de sa cuiller.

— Qu’as-tu, André ? tu ne man-ges pas… J’ai envie de te faire chercher des huîtres…

Et elle appuya le pied sur le bouton de la sonnette, placé sous la table. Elle sonna comme si le feu était à la maison. Philomène accourut.

— Philomène, courez donc chercher une douzaine d’huîtres pour monsieur, il ne sait pas man-ger

— Mais non, ma mère, je ne veux pas d’huîtres.

— Si ! si ! En voulez-vous aussi ? oui da ! cela vous fera oublier votre chagrin. Une douzaine et demie, Philomène.

— Mais non, mais non ! ma mère, nous ne voulons pas d’huîtres… Ce que l’on mange dans cette maison !