Il vint. André était comme inconscient de ce qui se passait autour de lui. Il répondit doucement et par monosyllabes. Le médecin ne s’attarda pas. Il me prit à part, me dit que son état était très grave et la maladie déjà très avancée, qu’il marchait vers la paralysie générale.
— Je sais qu’il s’est fait une piqûre anatomique, tâchez de savoir si elle était syphilitique.
— Un de ses professeurs a dit qu’elle l’était, un autre a prétendu le contraire.
— Bien, j’irai moi-même chez eux : ils doivent se rappeler.
— Et, si c’est la paralysie générale, y a-t-il espoir de le guérir ?
— Non, aucun : il peut y avoir une rémission de quelques mois, d’un an peut-être… mais, après, le mal reprend et suit son cours jusqu’à la fin.
Je fis venir sa mère, disant qu’André était malade. Quand je lui parlai du médecin :
— Comment, vous avez fait venir un médecin ? mais vous êtes dangereuse… un homme livré aux médecins est un homme perdu, nous guérissons tout avec les purgatifs et les vomitifs Leroi… Les médecins sont des ignorants.
— Ce docteur a demandé si la piqûre anatomique n’était pas syphilitique…
— Oui, elle l’était… J’ai fait analyser ses urines.