— Oh ! si… Ecoute, Keetje, je t’ai toujours dit que nous devrions nous séparer. J’ai été toute la journée avec Mlle A…, j’ai vu qu’elle m’aime : son père est très riche, mais je suis de meilleure famille, elle sera enchantée de devenir ma femme… Je te demande donc, dans mon intérêt, de partir d’ici ; quand je serai marié, je te remettrai une somme d’argent.
Je ne pus répondre.
— Je te demande de faire cela pour moi.
— Et si je ne le fais pas ? demandai-je, suffoquée.
— Alors je te dirai que tu le dois.
— Eh bien, ne faisons pas de phrases…
Et je lui tournai le dos.
Je ne dormis pas une minute : je sentais la misère et l’ignominie me ressaisir. Puis une honte de devoir subir cela… Maintenant je me savais tout à fait jolie, je me savais aussi meilleure que beaucoup d’autres… alors pourquoi me traitait-on ainsi ?
Le lendemain, sans parler, nous allâmes chacun à notre besogne.
Chez le peintre, où je posais, je me mis à pleurer.