— C’est à cause de toi, elle savait que j’ai une maîtresse.

Je grimpai sur le lit et le pris à bras le corps.

— Mon pauvre Eitel, je n’en peux rien, nous avons sans doute été imprudents… Tu ne lui as pas dit que nous n’étions plus ensemble ?

— Elle ne m’a pas laissé parler. J’ai fait ma demande dans le Parc : elle m’a brusquement quitté au vu de tout le monde et a rejoint les dames… Les hommes m’ont dit le pourquoi et les dames m’ont consolé.

— Eh bien, pour une demoiselle du monde, elle a du tact…

— Du monde… je lui faisais beaucoup d’honneur, ce sont des parvenus.

J’allais lui décocher une insolence, mais il me regarda.

— Que tu es jolie, ma bestiole, tes yeux sont comme des escarboucles…

Et, se mettant sur son séant :

— Fais-toi belle, nous allons dîner. M… sera surpris de nous voir arriver. Comme il s’étonnait de me rencontrer sans toi, je lui ai dit que nous n’étions plus ensemble : « Sapristi, m’a-t-il répondu, tu as quitté cette petite ? Eh bien, mon cher, tu as eu tort, elle est adorable, tu n’en trouveras plus comme ça… Si je l’avais su… »