Elle allait toutes les semaines porter des fleurs sur sa tombe, et rentrait chancelante et défaite. Le même soir, elle donnait à souper et mettait tout en miettes. Je comprenais sa douleur et m’émouvait avec elle, mais je ne saisissais pas sa façon d’y remédier.
— Pourquoi délibérément commettre des actes avilissants ? La vie en impose déjà assez malgré nous.
Elle me regarda, effarée.
— Mon Dieu, je n’ai jamais pensé aussi loin… vous résumez cela en cinq sec.
Elle rougissait encore, très gênée.
Un ami d’Eitel devint son amant. Nous sortions beaucoup à quatre, et elle ne cassa plus rien.
Ce qui m’étonnait le plus, c’est qu’elle était fille d’officier et avait été élevée dans un pensionnat.
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L’ami d’Eitel se plaignait que la nourriture de restaurant le rendait malade. Eitel dînait chez moi ; il proposa à son ami de dîner avec nous.
— Il me payera trois francs par repas, et, comme j’ai acheté des vins de Moselle et du Rhin chers, je rentrerai un peu dans mes frais.