J’avais acheté un livre de cuisine ; la maîtresse d’un peintre m’avait expliqué quelques plats, et j’étais arrivée à savoir fricoter une excellente cuisine bourgeoise. Avec l’aide de ma petite bonne, je nous préparais de savoureux petits repas.

— Bah ! une personne de plus… je veux bien.

J’étais du reste bonne camarade avec Fritz ; nous nous appelions par notre petit nom, et je lui faisais souvent des tisanes pour son mauvais estomac.

Mais voilà qu’un jour, pendant que la bonne mettait la table et que j’étais à m’agiter autour du fourneau, je dis à Fritz qui entrait dans la cuisine :

— Venez, montez ce plat…

— Ah ! non, pour qui me prenez-vous ! Moi, monter des plats !…

— Mais je les monte bien.

— Oh ! vous !

— Ah ! moi !

Je ne dis plus rien, mais, quand il fut parti, je déclarai à Eitel que je ne voulais plus faire à dîner pour son ami.