— Les femmes qui lisent se gâtent l’esprit : elles se faussent.

— Pourquoi ? cela ne m’empêche pas de savoir la cuisine, ni de faire ma toilette depuis la chemise jusqu’au chapeau, y compris le corset… il n’y a que mes gants, mes bas et mes bottines que je ne fabrique pas moi-même. Je t’ai confectionné des caleçons, et je raccommode depuis des années tes bas. Quant aux renseignements, tu dis toi-même qu’un employé ne s’en tirerait pas aussi bien. Alors, en quoi cela me nuit-il ?

— Je ne sais pas, les femmes qui lisent…

— Je le sais, moi, vous n’en faites pas ce que vous voulez.

— Tu deviens si insolente, Keetje…

— Ah ! tu m’horripiles, et je suis bien contente de ne pas vivre de toi.

— Comment ça ?

— Non ! ce que tu me donnes, je le gagne en cherchant des renseignements. Donc, je ne suis pas entretenue par toi, et nous ferions mieux, puisque tu veux te marier, de nous traiter en hommes d’affaires.

— Tu as trouvé cela toute seule ?

— Mais oui, j’y pense nuit et jour. Quand tu te marieras, tu devrais me laisser ces renseignements : c’est tout ce que je te demande. Je saurais parfaitement rédiger les bulletins, je fais bien le reste…