— Oh ! Keetje ! pour moi tu es pure : comment te rendrais-je responsable des crimes de la société ? Tu es une de ses victimes…
— Victime de la société… ici, je le suis des hommes… et toi, pour combattre la société, tu n’es pas obligé de m’infliger ce partage de moi-même.
— Le jour où la cause que je défends aura besoin de moi, je dois être libre.
— Si tu ne me méprises pas et si tu m’aimes, tu n’as pas le droit de m’imposer semblable torture.
— Je n’aurais pas dû te rencontrer, je ne suis pas fait pour la femme : c’est un ami que je devrais avoir, avec qui marcher. Je n’hésiterais pas un instant entra l’amitié et ce que la femme nous offre.
— Avec ça que tu me donnerais pour l’amitié de L… ?
— L… est un à peu près, mais le vrai ami, avec qui on lutte, doit avoir la première place dans notre vie.
— Eh bien, pas pour moi : tu es mon premier bien… peut-être jadis, quand il s’agissait des petits…
— Ce que je lutte de puis que je te connais, pour ne pas me laisser envahir par ce sentiment inférieur qui est l’amour de la femme, tu n’en as pas d’idée… mais tu ne peux pas comprendre. La femme croit qu’elle n’a qu’à se donner pour abolir tous les autres devoirs de la vie. Elle ne veut pas qu’on vive pour une cause, pour une idée… Mon père…
— Ton père s’est marié, a fait des enfants, et a gagné plus d’argent qu’il ne lui en fallait pour vivre.