«Ny plus ny moins que le manège d'un grand et beau coursier du règne est bien cent fois plus agréable et plus plaisant que d'un petit bidet, et donne bien plus de plaisir à son escuyer; mais aussi il faut bien que cet escuyer soit bon et se tienne bien et montre bien plus de force et d'adresse: de même se faut-il porter à l'endroit des grandes et hautes femmes, car de cette taille elles sont sujettes d'aller d'un air plus haut que les autres, et bien souvent font perdre l'estrier, voire l'arçon, si l'on n'a bonne tenue, comme j'ay ouy conter à aucuns cavalcadours qui les ont montées.» (Brantôme, Dames galantes, Disc. I). Il dit encore d'une grande dame que c'était le cheval de Séjan, «d'autant que tous ceux qui montoient sur elle mouroient, et ne vivoient guères» (ibid.), et il emploie souvent les termes fort irrévérencieux de jument et de haquenée, pour dire une femme.
La femme et le cheval doivent être semblables...
Tous deux se doivent rendre à l'homme obéissants,
Façonnés à l'espron et fiers en ornements,
Avoir le montoir doux, la descente bénigne.
(Cabinet satyrique.)
Par une singulière image, nos vieux poètes et conteurs ont aussi donné le nom de bidet, de courtaut, de roussin, au membre viril, sans pour cela qu'il soit question du rôle joué par l'homme dans les citations ci-dessus d'Horace, d'Ovide, de Martial et d'Aristophane. P. Aretino dit en ce sens: Far stallare i cavalli (faire pisser les chevaux), dar le mosse a i cavalli (donner l'élan aux chevaux). L'Arioste s'est plaisamment servi de cette figure dans la rencontre d'Angélique avec l'Ermite:
La voici étendue sur le dos dans le sable,
Livrée aux fantaisies du rapace vieillard.
Il l'étreint et à son gré la caresse;