SCENE II.

Luciane. Genest.

LUCIANE.

Ha! mon frere, si rien ne vous peut esmouvoir,
Considerez des pleurs.

GENEST.

Qui seront sans pouvoir.
Ha! c'est trop, levez vous, c'est en vain Luciane
Que l'on croit me porter à cette loy prophane,
Dont un nouveau Prophete, & trop foible Docteur,
Se rendit autresfois le ridicule Autheur,
Je ne me repais point de ces vaines chimeres,
Dont il sçeût esblouyr les esprits des nos peres,
Je sçay mieux me servir des droits de ma raison:
Et parmy le nectar discerner le poison.

LUCIANE.

Pleûst au Ciel!

GENEST.

Vos souhaits aussi bien que vos larmes,
Pour vaincre mon esprit sont d'inutiles armes.
Croyez vous pour me voir de parens obsedé:
Que par de vains transports je sois persuadé?
Non non, mon Jugement plus ferme, & plus solide,
Ne sçauroit escouter un conseil si perfide,
Pour suivre un inconnu qui fut mis aux liens,
Et dans son triste sort abandonné des siens.