«Sourire… pour l'incrédule et pour l'impie qui ne veulent admettre que ce que saisit la pauvre raison humaine dans son étroitesse de vue et de jugement.

«Enlever le mystère à l'homme, c'est mettre des bornes à ce qu'il a de plus noble et de plus beau: l'âme.

«La Fête-Dieu, c'est l'apothéose, d'une religion immuable et forte dans son éternelle sécurité.»

Les athées et les ennemis du Christ, les sans-Dieu n'arriveront pas à détruire l'usage déclaré par le saint Concile de Trente «tout-à-fait conforme à la piété» de porter avec une religieuse solennité la divine Hostie dans les rues et les places publiques.

Depuis deux mille ans bientôt, ils ont usé leurs dents et leurs ongles sans entamer le bois sacré de la croix, et ceux qui les suivront dans cette triste besogne ne réussiront pas davantage!

III

NOTES SUR LES PROCESSIONS

Les modernes athées et francs-maçons sont plus intransigeants que les révolutionnaires du siècle dernier: voici à ce sujet quelques détails curieux. On verra que les ancêtres, dont se réclament les jacobins contemporains, n'avaient pas osé braver les justes revendications des catholiques parisiens, qui, en pleine Révolution, s'autorisaient des maximes de liberté religieuse inscrite dans les Droits de l'homme pour affirmer leur foi.

Ces notes, exhumées naguère des archives de la police secrète de Paris (Archives Nationales de la Seine F. I. C.), ont été rédigées par le citoyen Dutard, avocat, et adressées au célèbre Garat, ministre de l'Intérieur de mars à août 1793. Ce Dutard était un partisan résolu du nouveau régime, mais son exaltation révolutionnaire ne lui avait pas enlevé une certaine probité politique, et il était intelligent.

Dès le 25 mai, Dutard écrivait au ministre: «La Fête-Dieu approche. Rappelez-vous, citoyen ministre, qu'à cette époque, l'an passé, Pethion, le dieu du peuple, fut accueilli à coups de pierres par les sans-culottes de la section des Arcs pour avoir déclaré dans une ordonnance (Pethion était en 1792 maire de Paris), qu'on serait libre de travailler ou de ne pas travailler… Rappelez-vous que ce jour-là, des hommes qui, par opiniâtreté ou irréligion n'avaient pas tapissé leurs maisons, reçurent de bons coups de bâton… Je ne sais si ce n'est pas une infamie stupide et aveugle de la part des représentants de ce même peuple qui contrarient absolument tous les goûts et les penchants dont cent années de révolution ne sauraient le délivrer.»