—Oui, mademoiselle, c'est ce qu'ils disaient tous à bord et le capitaine appelait ça une série de phénomènes magnétiques.

—Mais c'est intéressant, contez-moi ça, Joachim, je vous écoute.

—Mademoiselle, c'était un 1er août, je n'ai point oublié cette date, notre navire fut complètement enveloppé par un nuage phosphorescent qui aimanta toutes les parties, tous les objets en fer du bord.

Le bâtiment, les hommes de l'équipage étaient comme «enduits d'une couche de feu».

Les marins à ce moment se précipitèrent à l'habitacle: l'aiguille de la boussole avait des oscillations de l'amplitude de celle d'un éventail mécanique!

Ils voulurent, alors, sur l'ordre du capitaine, changer de place, des chaînes qui traînaient sur le pont… Impossible de les remuer, bien qu'elles ne pesassent pas plus de soixante livres chacune.

Chaînes, boulons, goujons et barreaux, tous les objets en fer du bord, en un mot, étaient aimantés et adhéraient au pont, comme s'ils y avaient été vissés.

Le nuage électrique était si épais, que le navire dut suspendre sa marche; on ne voyait, en effet, rien au delà du pont, qui paraissait être une masse étincelante de feu.

Tout à coup, la phosphorescence commença à décroître, le nuage s'éleva, puis abandonna le navire, d'où nous le suivîmes de l'œil, s'éloignant sur la mer.

Ah! je me rappellerai toujours cette chose extraordinaire et le saisissement de tout l'équipage.