Les timbres ont leur bourse comme l'or et les billets de banque.
La bourse des timbres se tient au carré Marigny.
On évalue à 12 millions le chiffre des transactions, auxquelles donne lieu annuellement la philatélie. Paris compte pour 2 millions à lui seul.
Deux sociétés de philatélistes existaient d'abord à Paris.
L'une se composait surtout d'amateurs, c'était la Société Française de
Timbrologie; l'autre était formée de marchands, c'était la Société
Philatélique. Elles ont fusionné depuis, font très bon ménage et
comptent, au moins, cinq cents membres.
En France, les marchands de timbres furent longtemps imposés pour des sommes minimes, comme débitants de vieux papiers. Depuis, le fisc a ouvert l'œil sur leurs florissantes affaires et les a imposés comme marchands de curiosités en boutique. Ceux-ci se sont récriés. Mais le fisc a riposté par un argument irrésistible: chez un marchand de vieux papiers ordinaires, plus le papier est vieux, moins il est cher; chez vous, c'est tout le contraire, son prix augmente à mesure qu'il est plus vieux… Donc vous vendez bien réellement de la curiosité.
Et les marchands de timbres paient à présent un impôt… imposant.
Le timbre-poste est un personnage important, en raison de la place que lui font les collectionneurs, en nombre considérable, même, en ne comprenant que les gens sérieux.
La France compte actuellement 60.000 collectionneurs. C'est le pays du monde civilisé où il y en a le moins. En Allemagne, on évalue à 100.000 le nombre des philatélistes; en Angleterre, ils sont 150.000; en Amérique, plus de 500.000.
Le nombre des timbres rares diffère à l'infini, variant suivant la valeur que leur donnent les collectionneurs, et du désir qu'ils ont de les posséder.