Les timbres les plus rares, les plus chers, sont nécessairement les timbres anciens, qu'on ne retrouve plus: ceux de l'Ile Maurice, d'Hawaï, de Moldo Valachie. Deux timbres de Maurice, le bleu et le rouge au millésime de 1847, ont été payés, marché conclu d'avance, 45.000 francs.

À côté de ces timbres précieux, on trouve acheteurs, au prix de 1000 à 1500 francs, pour ceux de la Réunion, 1852 et 1853. Viennent ensuite parmi les plus rares et les plus précieux de nos timbres français, celui de un franc, orangé, non oblitéré de 1849, qui vaut 250 francs; oblitéré il ne vaut plus que 60 francs. Pourquoi? Un autre timbre, celui de 15 centimes, teinté bistre sur rose par erreur, au lieu d'être teinté bistre sur blanc vaut 75 francs couramment. Les timbres fabriqués en province pendant la guerre et qui furent simplement lithographiés, valent de 75 à 100 francs; ceux de la Guyane anglaise, 1848, sont cotés de 100 et 800 francs, suivant la couleur. Ne sont déjà plus rares, ceux dont le cours varie entre 20 et 100 francs.

Peut-être que le plus rarissime de tous les timbres et le plus cher est celui de la Guyane anglaise de 1856, carmin. On n'en connaît qu'un exemplaire. Il est chez M. Tapling, en Angleterre, et vaut net 40,000 francs[5]. Ce n'est pas moi qui l'achèterai.

L'Ile Maurice a la gloire d'exercer la patience et d'exciter la cupidité des timbrophiles qui recherchent son timbre, émission de 1850, avec Post-office comme légende. Sa valeur courante dépasse 1,500 francs à l'heure actuelle.

Le Hawaï première émission, avec chiffres au lieu de dessins, vaut mille francs s'il est bien conservé.

La magnifique collection de M. Philippe de Ferrary, duc de Galliéra, président respecté à la Société Française des Timbrologues est estimée 2 millions 500.000 fr.

Le duc de Galliéra est donc le premier philatéliste du monde et la Providence des marchands de timbres-poste. Il augmente, et renouvelle incessamment de merveilleuses collections, à la mise en ordre desquelles sont employés deux secrétaires compétents, dont le traitement, le logement, l'entretien lui reviennent à 20,000 francs par an.

Il a environ 15,000 types de timbres dont la valeur varie de 0 fr. 01 à 15.000 francs:

—Et, ajouterait Galino, ils ont tous servi! Que serait-ce s'ils étaient neufs?

Détail typique: s'ils étaient neufs, ils vaudraient beaucoup moins!