Pourquoi appeler steeple-chase cette course hérissée d’obstacles, rivière, palissades, murs, haies, fossés, et dont le vrai nom est course casse-cou.
Dead-heat veut dire que les chevaux arrivent ensemble; quel inconvénient y aurait-il à dire course nulle, où les chevaux sont arrivés tête à tête? Pourquoi ne pas prononcer la tribune au lieu du stand, le concours ou la lutte au lieu du match, le haras au lieu du Stud?
Dame! pourquoi? je répondrai en anglais: That is the question, comme disent ceux qui veulent se donner des airs savants et passer pour connaître Shakespeare par cœur.
Jusqu’ici je n’avais jamais pu lire jusqu’au bout les articles de courses dans nos journaux, cela me faisait un peu l’effet du sanscrit ou du chinois.
Je m’en tenais à la spirituelle boutade de Bernadille sur l’agréable vocabulaire des courses «il faut suivre, dit-elle, la gradation des sentiments qu’il produit sur l’esprit des lectrices qui débutent par l’impatience et finissent par l’horripilation.
«Gentleman-rider les intrigue; un propriétaire qui déclare forfait les inquiète: comment devineraient-elles qu’il s’agit ici d’une amende, d’un dédit,—forfeit.
«Le handicap les étonne, elles ignorent qu’un handicap est une course où l’on admet les chevaux de force et de mérite différents, en égalisant autant que possible par des suppléments de poids les chances de victoire?
«Le stud book les agace; les book makers les irritent; au betting-ring, elles sont rouges de colère, un cheval disqualified leur arrache des cris de désespoir, et la performance des signes d’aliénation mentale.»
Si cela continue, il sera nécessaire d’apprendre l’anglais avant de pouvoir lire certains journaux français.
Il faut voir comme les Anglais, généralement si froids, s’animent sur le turf. Il y a un demi-siècle, quand la société pour l’encouragement et l’amélioration des races de chevaux en France accordait aux vainqueurs des hippodromes douze paniers de vin de Champagne, les courses en Angleterre remuaient déjà un comté tout entier; cependant les Anglais ont encore beaucoup de chemin à faire pour atteindre à la hauteur des anciens Polonais qui placèrent un jour sur les quatre fers d’un cheval les destinées de leur patrie.