Frères, ne craignez pas de tirer et de frapper toujours en avant, toujours contre la France et les Français!
J’entendais ces chants avec une intensité de douleur que je ne puis rendre, j’avais les yeux pleins de larmes, et je suffoquais en pensant à ce qui se passait sur l’autre rive du Rhin. Quel contraste!
Bâle, malgré ses monuments, son église du Munster, ses remparts imposants me semble une belle, grande, mais triste ville.
Elle est cependant le grand entrepôt du commerce, entre la Suisse, la France et l’Allemagne.
Jusqu’en 1833, Bâle a été la seule ville Suisse qui ait eu une université, elle avait été fondée dès 1459.
C’est vers la même époque que Bâle vit le fameux concile qui menaça de tourner en schisme sous le pape Eugène IV.
Plusieurs traités célèbres y ont été signés.
Erasme y mourut.
Le Musée renferme des toiles remarquables. Les chefs-d'œuvre de Hans Holbein m’ont vivement frappée, son christ particulièrement. C’est une admirable conception. L'âme se sent toute en pleurs, devant cette indicible figure, qui semble résumer toutes les douleurs. L'œil ouvert qui ne regarde plus, conserve le suprême et dernier éclat des visions funèbres. La blessure du côté est béante et profonde.
Oh! oui, dans ce corps tourmenté, cette tête sanglante, le peintre s’est inspiré des réalités de la mort. C’est d’une vérité absolue, effrayante. Il manque seulement un peu d’idéal si l’on songe que ce n’est pas seulement un homme, mais Dieu même qui vient de mourir-là!