Visite fort intéressante aussi au château d’Eberstein, ouvert toute la journée; Salle des chevaliers ornée d’armures et de vitraux anciens, appartements du duc et de la duchesse, tout cela superbe; balcons circulaires, terrasses, tentures magnifiques, vues merveilleuses.

Le château de la Favorite s’élève au centre d’un parc enchanteur, aussi romantique que possible: devant la principale façade s’étalent un vaste lac et un escalier grandiose, orné de statues. Le château de la Favorite doit sa fondation à la princesse Sybille, veuve de Louis-Guillaume, vainqueur des Turcs. La princesse eut-elle dans sa vie de gros péchés à se reprocher? toujours est-il, c’est que, à côté du joli château où rien ne manquait, on montre l’ermitage où la princesse s’en allait faire pénitence, et l’on y voit, en effet, les instruments de la macération la plus raffinée, un lit de paille, un cilice, une discipline, une ceinture armée de pointes de fer.

Au rez-de-chaussée du château, on vous fait regarder ce que je n’avais encore vu nulle part: «une cuisine d’apparat». Cette cuisine est ornée d’une collection de plats, d’assiettes, de cristaux de tout genre, et d’un service complet de table, représentant, en porcelaine, des jambons, des poulets et des canards, du gibier et un choix de légumes les plus variés.

Au premier étage, on vous montre une suite d’appartements intéressants au point de vue de la décoration et de l’ameublement, la chambre chinoise est fort remarquable, et le boudoir des glaces aussi: dans cette dernière pièce, on voit le portrait de la princesse sous quatre-vingts costumes différents.

La grande et somptueuse salle à manger pour les réceptions de gala, est du plus grand effet, et par l’élégance de ses dispositions et par la richesse de ses ornementations. Aux quatre coins de la salle sont des jets d’eau, que paillettent d’or tour à tour le soleil et les lustres; tout en haut se trouve une galerie circulaire pour les musiciens.

Après cela, on entre dans une enfilade de pièces originales, assez curieuses à voir.

En sortant du château, on admire à droite et à gauche des galeries en forme de cloîtres, donnant sur des massifs de verdure qui ont grand air.

Promenades charmantes encore dans la vallée de la Mürg, à la cascade de Géroldsau, au Chalet des Chèvres où vous voyez paître en liberté une centaine de chèvres, blanches comme leur lait, portant au cou une mince clochette dont on entend avec plaisir tinter le léger carillon.

«Le duché de Bade est l’un des plus beaux joyaux de la confédération germanique. Fribourg-en-Brisgau, Heidelberg et Baden-Baden forment un trio de villes-jardins inconnues en France.» Oui, le grand duché de Bade avec sa légendaire forêt noire, moins noire que son nom, est le jardin superbe de l’Allemagne. Il faut la voir, il faut l’admirer, cette promenade là; c’est un rêve en action.

Fribourg-en-Brisgau est une ville frappée au coin de la couleur locale et de l’antiquité.