L’éloge de la verrerie de Charleroi n’est plus à faire. Dans son exposition remarquable, elle expose des glaces magnifiques qui peuvent rivaliser avec celles de Saint-Gobain. Mêmes compliments aux porcelainiers et faïenciers, tout ce qu’ils exposent est ravissant.
La manufacture royale de tapisseries de Malines nous montre quatre panneaux qui peuvent soutenir la comparaison avec les plus beaux produits des Gobelins. L’une de ces tapisseries appartient au Sénat belge; en voici la légende:
«Le 3 avril 1566 les gentilshommes confédérés remettent à Marguerite de Parme, au palais de Bruxelles, une requête par laquelle ils réclament la liberté de conscience.»
Les ébénistes belges sont également des artistes, tous leurs meubles sont frappés au bon coin de l’originalité.
Une chose fort curieuse encore c’est le plan complet du port d’Anvers; cette miniature permet de comprendre d’un coup d’œil l’importance de ce port gigantesque.
La Hollande tient un bon rang. Ce petit pays qui n’a pas quatre millions d’habitants, mais qui en compte vingt avec ses colonies, est fort intéressant à étudier. Sa façade construite dans le style de la Renaissance néerlandaise, se compose d’une large porte et de quatre baies symétriques en plein cintre, ornées de draperies.
La Hollande est une nation active, industrieuse, intelligente. Ses toiles incomparables, ses velours d’Utrech, ses faïences de Delft justifient leur vieille renommée.
Très belle l’exposition de la manufacture royale d’Eventer dont certains tapis ont jusqu’à dix centimètres d’épaisseur.
Les Hollandais "ces rouliers des mers" comme on les appelait jadis étaient alors renommés dans le monde entier comme constructeurs de navires. A remarquer aussi les cartes, plans, dessins techniques de ports, de digues, de ponts, de canaux, ces canaux qui servent de rues dans les villes et de routes dans les campagnes, et qui prouvent que les Hollandais sont des ingénieurs hors ligne.
Leur pays est une conquête, un empiètement fait sur la mer. Ils ont accompli des travaux prodigieux pour faire une terre riche, fertile de ce pays de polders (marais, aux côtes semées d’îlots). Amsterdam seulement, cette Venise du Nord, compte quatre-vingt-dix îlots reliés par trois cents ponts; elle est entièrement bâtie sur pilotis—en sorte que si l’on pouvait retourner cette cité, elle présenterait l’étonnant spectacle d’une immense forêt dépouillée de feuillages.—Oui, ce pays entièrement plat, quelquefois au-dessous du niveau de la mer, n’est défendu contre les inondations de l’Océan que par un ensemble admirable de digues et un système de canalisation qui donne aux eaux leur libre cours. On peut donc dire que les Hollandais sont en lutte perpétuelle avec l’élément liquide. L’Océan est leur ennemi intime en temps de paix, mais en temps de guerre il devient leur meilleur ami. Les habitants ouvrent les digues et submergent les envahisseurs. Cependant un jour il advint que grâce à la glace la cavalerie française y fit une prouesse dont le souvenir reste dans l’histoire.