Je me souviens avoir vu dans mon enfance des magots de ce genre là, qui remuaient leur chef à perpétuité et même vous tiraient la langue.

Par exemple ce qui est vraiment beau c’est la cristallerie de Bohême qui ne craint aucune concurrence.

La petite Belgique peut marcher de pair avec les plus grandes nations, elle expose dans toutes les classes.

Les dentelles, la verrerie, les faïences, la draperie, les tapisseries sont les principales spécialités qui font la réputation de l’industrie belge.

La dentelle en est sans contredit la plus ancienne.

Tous les genres de dentelles véritables s’y fabriquent aujourd’hui; telles sont les dentelles connues sous le nom de Valenciennes, Malines, Flandres, application de Bruxelles, Duchesse, torchons, points gaze, Burano, Venise et autres points qui se font à l’aiguille et celles qui s’exécutent à l’aide de fuseaux. Les dentelles aux fuseaux se fabriquent généralement dans les Flandres, sur un petit métier portatif; quant à la dentelle à l’aiguille, elle se fait au moyen d’une simple aiguille et d’un morceau de parchemin retraçant le dessin.

Depuis 1878, les fabricants belges ont fait de grands progrès dans leurs dessins et beaucoup de leurs produits ont un caractère très artistique; on peut, en effet, voir cette fois des panneaux et de petits tableaux exécutés comme en peinture par des dentellières qui n’ont à leur disposition pour produire les ombres et les effets que la différence de grosseur de leur fil ou de leur soie.

La pièce principale de l’Exposition de dentelles est un grand voile de mariée Louis XVI, en point à l’aiguille, de trois mètres de long sur deux mètres de large. Des fleurs en forment le motif; ce voile se compose de trois cent cinquante morceaux et il a fallu plus de deux ans pour l’exécuter. Son prix est de neuf mille francs.

Dans le même genre, il convient de citer des robes, des nappes d’autel, des mouchoirs et des éventails qui font l’admiration des visiteuses.

Charmantes les dentellières flamandes travaillant sous les yeux du public.