On attend encore d’Espagne une cinquantaine de taureaux de combat, curieux train de chemin de fer que celui qui transporte ces animaux voyageant isolé chacun dans son petit appartement, une immense et solide boîte.
Il y a des jours où la recette dépasse ici cent mille francs; voilà un chiffre qui fait rêver et qui me semble un fâcheux pronostic pour l’avenir, car il est à craindre qu’après le simulacre qui obtient tant de succès, on arrive au vrai combat plein d’imprévu et souvent d’accidents. Espérons que les Français ne se passionneront pas pour les exercices tauromachiques et que ce spectacle, voir éventrer des chevaux et daguer des taureaux qui se sont d’abord rués sur les hommes, restera l’amusement favori et national des Espagnols.
Nous sommes sorties du cirque par une pluie diluvienne, ce qui a contribué encore à refroidir mon enthousiasme, toutes les voitures prises, tous les omnibus envahis; attendre! attendre! Patience! c’est le grand mot à Paris et nous avons attendu une heure. Nous étions parties gaîment, mais comme l’a écrit un profond philosophe:
«On rit aux arrivées
Et l’on pleure aux départs».
Vendredi, 11 Octobre 1889.
Exposition
l’Autriche-Hongrie, la Belgique, la Hollande.
La section Austro-Hongroise est ornée à l’intérieur, de cartouches portant le nom des principales villes de ce royaume très civilisé et riche en industries de tous genres.
Son exposition de bijoux m’a frappée; l’Autriche possède sans doute des mines de grenat car elle présente des vitrines entières de bijoux qui ne sont absolument composés que de cette pierre taillée et montée de toutes les façons; l’Autriche se fait donc remarquer par ses bijoux de grenat qui ont leur cachet propre comme les coraux, les camées et les mosaïques d’Italie.
On voit aussi quantité de bibelots variés en porcelaine, les plus drôles sont la série des bonshommes branlant la tête au moindre frôlement, mais je crois que ce genre est redevenu jeune à force d’être vieux.