Le Palais grec construit dans l’ancien style du pays, ne s’élance point en dôme, campanile, clochetons; il reste droit, sévère, régulier. Sur les deux murs qui s’étendent à droite et à gauche de l’entrée principale, on aperçoit de grandes peintures qui représentent la Grèce ancienne et la Grèce moderne. D’un côté l’Acropole, de l’autre les usines du Laurium.
La même idée se poursuit à l’intérieur. D’un côté, on a inscrit le nom des quatre villes les plus importantes de la Grèce antique: Athènes, Corinthe, Sparte et Thèbes, de l’autre les premières villes de la Grèce moderne: Le Pirée, Syracuse, Corfou et Patras.
Les tissus de soie faits à la main par les femmes d’Athènes et de Corinthe, les broderies soie sur soie et les tapis également tissés à la main, sont d’une perfection hors-ligne.
Les échantillons de marbre sont nombreux et magnifiques, les verts sont de toute beauté, les colonnes de Sainte-Sophie à Constantinople, ont été taillées dans des marbres pareils. On remarque beaucoup un morceau de marbre inconnu jusqu’ici, rouge veiné de bleu et noir, il a été ramassé dans l’île de Chio. Une suite de photographies du plus haut intérêt reproduisent les statues trouvées dans ce pays pétri par les arts et dont plusieurs sont antérieures à Périclès.
On retrouve l’Espagne dans les salons de peinture où ses artistes exposent de superbes tableaux qui font le plus grand honneur à son école moderne, au Palais des Industries diverses où elle prend un salon, et au Palais des Arts libéraux où elle occupe une grande galerie, ce qui ne l’empêche pas d’avoir en outre plusieurs pavillons et kiosques pour l’exposition de ses colonies et la dégustation de ses excellents vins.
Le grand pavillon espagnol des produits alimentaires rappelle les monuments historiques de style muzarabe que l’on voit en Espagne principalement à Tolède. Très beau aussi le Pavillon des colonies espagnoles tout rempli des richesses de ces terres fortunées. On pourrait dire que Cuba est le sucrier du monde et quel est le fumeur qui ne recherche pas les cigares de la Havane?
Le Pavillon du Portugal avec sa tour de trente-six mètres de hauteur fait grand effet. Le style général de ce pavillon est le Louis XV portugais avec des ornements copiés sur les monuments de Bélem notamment du cloître. Les vins portugais sont paraît-il comme les vins espagnols réputés chez les gourmets: j’ai mieux aimé m’arrêter aux faïences émaillées et terres cuites genre Bernard Palissy qui m’ont paru très décoratives.
La Suisse
La Suisse est une vaillante nation, son exposition le démontre. Très remarquables les soieries de Zurich et les broderies d’Appenzell; excellent le chocolat Suchard et le fromage de gruyère. La Suisse est la patrie des fromages comme l’Italie est la patrie des pâtes. Après cela le grand triomphe de la Suisse c’est l’horlogerie. Cette branche si remarquable occupe à elle seule deux cent cinquante mètres avec cent soixante exposants. On y voit tous les modèles connus de montres, pendules, horloges et même des modèles inconnus. Je suis restée en extase devant une montre de vingt-cinq mille francs.
Je viens de consulter une petite personne qui ne me quitte guère, mais cependant se montre à ses heures capricieuse à l’égal d’une jolie femme. Elle est brillante, pimpante, élégante, comme une beauté à la mode. Elle ne marche qu’avec des rubis, des joyaux, s’il vous plaît comme une raffinée du jour. Elle fait entendre incessamment son petit babil et trahit parfois des mouvements d’une regrettable indépendance. Il lui arrive même de bouder.