[CHAPITRE XII]
LES GUERRES DE RELIGION
Le successeur de François Ier fut Henri II. Profitant des guerres religieuses qui avaient éclaté en Allemagne, Henri II s'allia avec les princes protestants ennemis de Charles-Quint et occupa les trois villes anciennes de Metz, Toul, Verdun.
Charles-Quint, irrité, vint mettre le siège devant Metz, que le duc François de Guise défendit avec énergie (1552). Vaincu de nouveau à Renty (1554), Charles-Quint signa une trêve (1556) et abdiqua la même année, renonçant à toutes ses couronnes.
Henri II (1547-1559).—Le fils de Charles-Quint, Philippe II, demeurait aussi redoutable pour la France, quoiqu'il ne dominât plus ni l'Autriche ni l'Allemagne. Il avait épousé Marie Tudor, reine d'Angleterre, et les Anglais l'aidèrent dans les guerres qu'il recommença contre la France. Son général, le duc de Savoie Philibert Emmanuel, envahit la Picardie et se porta sur Saint-Quentin. Le connétable de Montmorency accourut avec une armée. Mais il se laissa envelopper par l'armée espagnole, éprouva une sanglante défaite et fut obligé de se rendre (1557). Pour réparer ce désastre, le duc de Guise alla surprendre Calais, la dernière ville que les Anglais eussent en France, et la reine Marie Tudor en mourut de chagrin (1558).
La paix de Cateau-Cambrésis (1559) termina les guerres d'Italie. Pendant les fêtes qui célébrèrent la paix et les mariages princiers par lesquels on la consacra, Henri II, luttant dans un tournoi contre son capitaine des gardes, Montgommery, fut grièvement blessé d'un éclat de lance qui pénétra dans sa tête, et mourut quelques jours après (1559).
La réforme; François II (1559-1560); Charles IX (1560-1574).—Une réforme religieuse commencée en Allemagne par Luther amena le déchirement de l'unité chrétienne et bouleversa l'Europe.
En France la doctrine de Calvin, plus hardie encore que celle de Luther, se répandit. La division se mit dans tout le royaume, partagé entre les catholiques et les réformés, qu'on appelait généralement les protestants ou les huguenots.
Les progrès du calvinisme étaient déjà grands lorsque Henri II mourut. Ce prince laissait quatre fils, dont trois devaient régner, de 1559 à 1589: François II, Charles IX, Henri III.
L'aîné, François II, d'une santé débile, ne régna qu'un an (1559-1560). Encore le vrai maître était-il le duc François de Guise, dont la nièce, Marie Stuart, avait épousé le roi François II. Les protestants, soutenus par la famille des Bourbons, essayèrent d'enlever le jeune roi à la famille des Guises et ourdirent la conjuration d'Amboise. Elle échoua et un grand nombre de protestants furent saisis, pendus ou décapités. Mais les guerres de religion ne commencèrent que sous Charles IX, qui, à peine âgé de dix ans et demi en 1560, régna d'abord sous la tutelle de sa mère Catherine de Médicis.