Les Français battirent les Autrichiens à Montebello (20 mai 1859) et encore au village de Magenta (4 juin).
Les Autrichiens semblèrent alors abandonner la Lombardie, mais, quand l'armée française approcha des bords du Mincio, elle vit tout à coup les hauteurs voisines de cette rivière couvertes d'ennemis. Les Français, sous un soleil ardent, s'élancèrent à l'assaut des hauteurs de Solferino et de Cavriana (24 juin), et s'en emparèrent après une lutte acharnée. Un orage qui éclata empêcha les Français de changer en déroute la défaite des Autrichiens, qui purent se retirer au delà du Mincio.
On se répétait encore les derniers détails de la journée de Solferino, lorsque le télégraphe annonça tout à coup la conclusion de la paix. Une entrevue eut lieu à Villafranca, entre l'empereur d'Autriche François-Joseph et l'empereur Napoléon III. Les deux souverains signèrent les préliminaires de la paix: l'empereur d'Autriche cédait la Lombardie à Napoléon III, qui la remettait au roi Victor-Emmanuel. L'Italie centrale demanda à s'unir au Piémont et, par une suite de révolutions, d'invasions successives, le Piémont devint le maître de la péninsule. Le royaume de Sardaigne se transforma en royaume d'Italie. L'unité italienne fut faite.
Dès 1860 la France, à raison de ces changements, avait réclamé sa frontière naturelle des Alpes, perdue en partie lors des traités de 1815. La Savoie et le comté de Nice furent cédés à la France par le roi Victor-Emmanuel (mars 1860), et les populations, consultées par la voie du suffrage universel, accueillirent avec joie ce retour à la patrie française. Le 14 juin, le drapeau français était porté par des guides hardis sur la plus haute cime du mont Blanc.
Guerre de 1870.—La Prusse n'avait été depuis 1815 qu'une puissance secondaire. Mais sous le roi Guillaume Ier, monté sur le trône en 1861, un ministre habile et audacieux, le comte de Bismarck, entreprit d'assurer à la Prusse l'empire de l'Allemagne. Il s'unit à l'Italie contre l'Autriche, et l'armée prussienne remporta une victoire décisive à Sadowa (3 juillet 1866). L'Autriche signa la paix, et les États allemands se virent obligés de reconnaître la suprématie de la Prusse. Ce royaume, considérablement agrandi, devenait un dangereux voisin. Un conflit était dès lors inévitable avec la France. Le gouvernement impérial s'y prépara d'une manière insuffisante, et la Prusse, qui connaissait les imperfections de notre armée, eut l'art de se faire déclarer la guerre qu'elle désirait (15 juillet 1870).
Les Prussiens saisissent l'occasion que leur offrent les mauvaises positions de l'armée, dispersée sur une ligne trop étendue le long de nos frontières. Le 4 août, au nombre de quarante mille hommes, ils écrasent une division française isolée sur les bords de la Lauter, à Wissembourg. L'ennemi entre en France.
Le maréchal de Mac-Mahon, qui occupait l'Alsace, cherche et trouve une forte position à Reichshoffen et à Frœschwiller. Mais il avait à peine trente-cinq mille hommes, et le prince royal de Prusse lui en opposa cent vingt mille. Le maréchal de Mac-Mahon, pour assurer sa retraite, dut sacrifier sa magnifique brigade de cuirassiers. Le même jour, à Forbach, le corps d'armée du général Frossard était repoussé et abîmé par une autre armée prussienne (6 août 1870).
L'invasion s'étendit dans les départements de l'Est, rapide, terrible, avec ses exigences, ses réquisitions, ses cruautés même.
L'armée principale, commandée par le maréchal Bazaine, restait sous la protection de la place de Metz, au lieu de se replier rapidement: et malgré les glorieux combats de Borny (14 août), de Gravelotte (16 août) et de Saint-Privat (18 août), où les armées prussiennes firent des pertes énormes, l'armée française fut entourée et resserrée autour de Metz.
Une nouvelle armée, formée à Châlons, fut témérairement envoyée à son secours; cette seconde armée, acculée à la frontière du Nord, fut enveloppée autour de la petite place forte de Sedan. Après deux jours de combats sanglants, cette armée, privée de son chef, le maréchal Mac-Mahon, grièvement blessé, se vit refoulée dans la place de Sedan, où, accablée par l'artillerie allemande, elle ne pouvait ni résister ni vivre. L'empereur Napoléon III, qui se trouvait avec cette armée, capitula en se rendant prisonnier de guerre avec quatre-vingt mille hommes (2 septembre 1870).