“Abrégé de l'arsenal de la foy, qui est contenu en ceste copie, de la conclusion d'une lettre d'un secretaire de Sainct Innocent, par luy escrite à sa sœur, sur la detraction de la foy d'autruy, lequel n'ayant de quoy la faire imprimer toute entière, il a commencé par la fin à la mettre en lumière, estant en peine d'enfanter la vérité de Dieu en luy, comme une femme enceinte, de mettre son enfant au monde.”
Les querelles religieuses, et les discussions théologiques qui agitèrent le 17me siècle, amenèrent en Allemagne et en Angleterre, les mêmes résultats qu'en France.
John Mason est un des exemples les plus frappants de la folie religieuse, par sa conviction inaltérable, jusqu'à la mort, et son enthousiasme calme et grave.
Les mystères de la théologie de Calvin et du Millenium, avaient égaré sa raison.
Il était persuadé et avait persuadé à une masse de personnes, qu'il avait mission de proclamer le règne visible du Christ qui devait établir son trône temporel à Water-stratford près de Buckingham.
Il parlait bien et sensément sur tout, excepté sur ce qui avait rapport à ses extravagantes idées religieuses. Aussitôt qu'il s'agissait de Religion révélée, il devenait immédiatement fou. Il mourut en 1695, dans la persuasion ferme et arrêtée qu'il avait reçu peu auparavant la visite du Sauveur du monde, et qu'il était réellement prédestiné à une mission divine.
Sa vie et son caractère ont été décrits par H. Maurice, recteur de Tyringham, dans un pamphlet en 4o publié l'année même de sa mort.
Jean P. Parizot égala, s'il ne surpassa point, l'extravagance du précédent. La monomanie de ce fou théologue consistait à voir clairement annoncé dans la Génèse et dans l'évangile de Saint Jean, que les trois éléments de la Trinité se trouvaient dans la nature. Le sel, générateur des choses, répond à Dieu le père, le mercure, dans son extrême fluidité, représente Dieu le fils, répandu dans tout l'univers, et le souffre par sa propriété de joindre et d'unir le sel au mercure, figure le Saint Esprit.
Les divagations inintelligibles de Parizot, sous le titre de La Foy dévoilée par la Raison, dans la connaissance de Dieu, de ses mystères et de la nature, fut dédié d'abord à Dieu, puis au Roi, et soumis au Pape, avant l'impression. Le Saint Père fit répondre que la cour de Rome avait lu son livre avec plaisir, qu'il était plein d'esprit et digne de louanges.
Là dessus le malheureux fait imprimer son travail, qui est condamné comme impie et brûlé, ce qu'il méritait bien d'ailleurs, non à cause de son impiété, mais à cause des folies qui y sont débitées.