Bayle, dans sa correspondance, lettre 187, (et non 137, comme le dit Flögel,) nous apprend qu'il ne savait rien sur Bluet d'Arbères, mais, ajoute-t-il: “j'espère rencontrer quelque chose, du moins fortuitement, dans le cours des recherches que je fais, sur le Comte de Permission.”
[29] Geschichte der Komischen Litteratur. Ersten Haupstück 17ième siècle, 2ième vol. p. 528.
[30] Memoriæ librorum rariorum, p. 49.
Le Duchat fit copier le commencement de Bluet par M. Du Fourni, auditeur de la chambre des comptes, et dans cette copie il est fait mention, pour la première fois, d'une circonstance que Bluet nous apprend lui-même, c'est la couverture diversement coloriée dont il faisait relier les plaquettes, qu'il appelait des livres.
“Le 2me livre d'oraisons était couvert de bleu céleste.
“Le troisième livre des sentences, couvert d'orangé.
“Le 4me livre des prophéties est couvert de rouge.
“Le 6me livre des songes, est couvert de bleu et de noir, &c.”
Le Duchat, dans une remarque sur un passage de La Confession de Sancy, fait une observation très naïve, et qui prouve qu'il n'avait qu'une idée bien vague du Comte de Permission: “Il y eut à la cour d'Henri IV, dit-il, depuis 1601 jusqu'en 1605, un homme de ce nom-là, qui n'y avait pas fait fortune, et qui dépendait de quelque ministre, comme pouvait être M. De Sillery, garde des sceaux, chez lequel il avait la commission de revoir les ouvrages pour lesquels on demandait un privilège.”
La pensée de donner cette étrange position à un homme qui ne savait ni lire ni écrire, aurait été des plus bouffonnes. C'est un curieux exemple du danger qu'il y a de faire des suppositions sur un auteur dont on n'a guère lu les ouvrages.