[13] Credner, zur Geschichte des Kanons, p. 76.

[14] Joh. H. Ursinus et Dodwell.

Voir aussi (1.) Feuillet de Conches, qui, dans ses Causeries d'un Curieux, a réuni plusieurs faits intéressants sur les Epistolaires-Pastiches anciens et les écrits supposés; (2.) Les Evangiles Apocryphes, traduits et annotés par Gustave Brunet; ainsi que (3.) Etudes sur les Evangiles Apocryphes, par Michel Nicolas; (4.) The Apocryphal Acts of the Apostles, from Syriac MSS. By Edward Norris. 2 vols. London, 1871.

L'abbé Migne[15] nous parle d'un très ancien manuscrit grec de la Bibliothèque d'Augsbourg, contenant dix-huit psaumes attribués à Salomon, et où le style de l'Ecriture Sainte et des prophètes Hébreux est imité avec habileté. L'auteur inconnu a cherché à s'inspirer de David, d'Isaïe, et d'Ezéchiel, pour en composer un pastiche remarquable.

[15] Dictionnaire des Apocryphes, t. i. p. 940.

Au second siècle l'Apocalypse de Saint Jean n'était-elle pas considérée comme l'œuvre de Cerinthus, et omise conséquemment dans la liste des livres du Nouveau Testament par le Concile de Laodicée? Il est bien connu que l'authenticité de cette Révélation est une question encore indécise parmi les savants en science biblique.

Les livres d'Hermès Trismégiste ont joui d'une grande autorité pendant les premiers siècles de l'Eglise, et ses écrits passaient pour des monuments authentiques de l'ancienne théologie des Egyptiens. Ce n'est qu'un pastiche que l'on place aujourd'hui parmi les dernières productions de la philosophie grecque. On n'a pas établi avec certitude l'origine, l'auteur, ni la date des livres qui portent le nom d'Hermès Trismégiste. Casaubon les attribuait à un Juif ou à un Chrétien; l'auteur du Pantheon Ægyptiorum, Jablonski, croit y reconnaître l'œuvre d'un Gnostique.[16]

[16] Voir Traduction complète d'Hermès Trismégiste, etc., par Louis Ménard. 1 vol. 8º. Paris: Didier. 1866.

Parmi les anciens auteurs grecs profanes, plusieurs pièces ont été regardées comme faisant partie de ces sortes de supercheries. On sait que la première édition d'Anacréon fut publiée à Paris, par Henri Etienne, en 1554. Il fut d'abord soupçonné d'avoir fabriqué ces poésies; mais quoique cette supposition excessive soit tombée, il est évident à cette heure, que toutes les pièces ne remontent pas au lyrique de Téos. Les érudits s'accordent en général à ne considérer que trois ou quatre odes du recueil publié par Henri Etienne comme remontant au contemporain de Cambyse et de Polycrate. Les autres sont très postérieures, de simples pastiches, anacréontiques seulement, au même titre que tant d'autres jolies pièces légères de notre littérature moderne.[17]

[17] Sainte Beuve, "Essai critique sur la poésie Française au 16me siècle."