Les matrices en existent encore; Bekker lui-même publia une liste de ces pastiches, lorsque la fraude eut été découverte, liste qui comprend plus de trois cent pièces.

Il existait en Angleterre, et peut-être existe-t-il encore, pour l'exportation en Turquie, en Grèce et à Rome une sorte de fabrique de copies de médailles et d'anciennes monnaies étrangères, lesquelles ont souvent trompé les collectionneurs.

Les contrefaçons sont parfois si parfaites, que le doute existe encore aujourd'hui. Par exemple la monnaie connue sous le nom de Didrachmes d'or, ou Staters d'Athènes, est regardée par les uns comme un pastiche, et par les autres comme authentique.

Quant aux articles d'antiquité, Etrusques, Egyptiens, Grecs ou Romains, le curieux doit être bien plus encore sur ses gardes, car on en trouve en Europe, des manufactures bien connues.

En 1843, on vendit publiquement à Londres, une collection d'ornements Etrusques en or, venue, disait-on, de Gênes, mais probablement fabriquée dans la première de ces villes.

Le Grec Giovanni d'Athanasi était l'agent chargé de les faire vendre. Au bout d'un certain temps, ces divers articles furent reconnus comme étant tout-à-fait modernes.

Vers la même époque, un Italien, du nom de Castellari, voyant combien il était facile de faire passer pour antiques, des ouvrages qui ne l'étaient pas, se mit à fabriquer une autre collection d'objets en or, en imitation des ornements trouvés dans les tombeaux de l'ancienne Etrurie. Il serait facile d'étendre beaucoup la liste de ces sortes de supercheries; mais mentionnons d'autres branches des Beaux-Arts.

Nous avons déjà cité plus haut quelques faits relatifs à la gravure. On sait que de temps à autre, on est parvenu à imiter merveilleusement les estampes de maîtres anciens.

Les faux Marc Antoine Raimondi, Lucas van Leyden, Albert Durer, Hollar et autres, sont très nombreux. La plupart sont gravés avec l'intention de tromper les collectionneurs. Il y a pourtant de ces gravures-pastiches qui ne furent composées que comme études; entr'autres la collection de vingt-deux estampes par Vivant-Denon, qui voulut, par ces pastiches de quelques célèbres graveurs, acquérir la facilité d'exécution et l'habitude de rendre exactement le style des diverses écoles, et l'originalité des différents maîtres.[198]

[198] Monuments des arts du dessin chez les peuples tant anciens que modernes, recueillis par le Baron Denon, pour servir à l'histoire des arts, etc. etc. 4 vol. in fol., avec 315 pl. Paris: Firmin Didot. 1829.