[48] Joann. Ludov. Balzacii Carminum libri iii., in 8º. Paris, 1650.
Ces peccadilles contribuèrent peut-être à faire traiter si rudement Balzac par le P. Goulu, général des Feuillants, qui écrivit contre lui deux volumes d'injures. Bautru disait de Balzac, qu'il était attractif d'injures.
La France n'était pas le seul pays où l'on pratiquait ces sortes de supercheries; en Espagne le pastiche et les suppositions d'auteur prospéraient singulièrement.
Le biscayen Antonio de Guevara, moine franciscain, auteur de plusieurs ouvrages, pourvu de deux évêchés, et historiographe de Charle-Quint, ouvre la marche par son Horloge des Princes, espèce de roman philosophique dont Marc-Aurèle est le héros, et qui ressemble à la Cyropédie de Xénophon.[49]
[49] Relox de Principes.
On sait que cet ouvrage a fourni à Lafontaine son admirable fable du paysan du Danube, d'après une traduction française par R. B. De la Grise, conduit en Espagne, après la bataille de Pavie.
Cette traduction, revue et corrigée par N. De Herberay, seigneur des Essarts, fut suivie de si près par Lafontaine, qu'il s'appropria non seulement toutes les idées, mais même les expressions du traducteur. Voyez l'édition des Fables de Lafontaine, par Robert.
L'auteur prétendit qu'il avait traduit cet ouvrage sur un manuscrit très ancien trouvé à Florence. Le public ajouta foi à cette assertion; mais enfin un professeur de littérature au collège de Soria, nommé Petro de Rua, prouva que c'était une œuvre moderne, et défia l'auteur de montrer le manuscrit.
Guevara fut alors assailli de toute part, avec d'autant plus d'animosité que les pastiches d'Annius de Viterbe avaient récemment encore excité la colère des savants.
"Je m'imagine, dit Bayle, dans son dictionnaire, que le succès qu'avait eu d'abord le Marc-Aurèle de Guevara, encouragea l'anglais Thomas Elyot à une fraude du même genre."