Philareste Chasle,[82] Viollet-le-Duc,[83] et Sainte Beuve,[84] eurent beau répéter la même chose, M. Dargand, dans une vie de Marie Stuart, publiée il y a peu de temps, persiste à dire: "Ces vers sont désormais inséparables du nom de cette reine, qui les acheva quelques semaines plus tard à Holyrood."
[82] Revue des deux mondes, du 1er Juin 1844.
[83] Bibliothèque Poétique, 2ième Partie, page 20.
[84] "Derniers Portraits Littéraires," page 63.
M. Feuillet de Conches a également donné quelques détails sur ces vers, dans ses Causeries d'un Curieux, tome iv., page 424.
Il faut restituer ces vers à un journaliste, Meunier de Querlon, fabricant d'autres pastiches ingénieux,[85] et qui finit par avouer son innocente fraude, dans une lettre à Mercier de St Léger.
[85] Voir "Les Innocentes Impostures, ou Opuscules par M——." Magdebourg, 1761.
"L'Esprit dans l'histoire," par Ed. Fournier, page 111.
La fille de Querlon, dont la mémoire anecdotique était encore fraîche, dans un âge avancé, s'égayait volontiers sur la crédulité publique, à propos des suppositions d'auteur et des pastiches de son père. Celui-ci avait puisé l'idée dans Brantôme qui fait exprimer en prose, à Marie Stuart, les mêmes regrets, presque dans les mêmes termes que l'Anthologie lui prête en vers.
N'oublions pas, à propos de cette chanson supposée, de rappeler des pastiches vraiment tragiques, des vers et des lettres de cette reine d'Ecosse, qui ont principalement contribué à sa condamnation. L'innocence ou la culpabilité de Marie Stuart est une question historique qui dépend de l'authenticité ou de la fausseté d'une correspondance avec le Comte de Bothwell, son troisième mari.