Littré se contente de répéter la définition de l'Académie, et donne deux exemples, dont le premier qualifie le pastiche de Singerie, et le second prend ce mot dans le sens figuré.
M. Patin, au tome 1er de ses "Etudes sur la poésie latine," fait mieux comprendre la différence entre les deux significations, lorsqu'il dit: "La littérature grecque, à sa décadence, finit par s'imiter elle-même, se copier, et remonter, par le pastiche, vers son passé."
Et encore: "L'Epopée artificielle des Alexandrins, pastiche élégant de l'épopée primitive, dont elle affectait la naïveté."
Nodier, qui a décrit jusqu'à vingt-deux sortes de supercheries littéraires, a cherché à établir la distinction entre l'imitation, la similitude d'idées, la supposition d'auteur, de livres et de passages, l'intercalation, les suppléments et les Pastiches. Mais ces distinctions ne comportent pas toujours des différences assez marquées pour empêcher qu'on ne les confonde parfois. Ainsi les suppositions d'auteur, les intercalations, les suppléments ne sont souvent que de véritables Pastiches. Il est facile de comprendre d'où vient ce défaut de précision. D'abord Pastiche et imitation ont une bien étroite affinité:—
.... "Lucanus et Appulus anceps,
Nam Venusinus arat finem sub utrumque colonus."
Comme dit Horace:—
"Suis-je enfant de la Pouille ou de la Lucanie?
Je ne le dirai pas: le colon Venousin
Laboure également l'un et l'autre terrain."