Le bruit de cette discussion attira l'attention des savants de l'Angleterre, et Sir David Brewster écrivit d'Edimbourg, à l'Académie de Paris, pour démontrer l'impossibilité d'avoir foi en ces pièces, qui impliquaient une correspondance entre Pascal, dans le déclin de l'âge, avec Newton, un enfant de douze ans!

Nonobstant, M. Chasles défendait pied-à-pied, les pièces qu'il avait produites.

Il y avait déjà cent cinquante lettres et notes publiées dans les "Comptes-rendus," concernant Pascal, et M. Michel Chasles annonçait que dans sa collection il y avait deux mille lettres de Galilée.

"Quos Deus perdere vult, prius dementat."

Deux ou trois mois plus tard, l'étonnement redouble. Le crédule académicien présente un premier fascicule de ces lettres de Galilée, où l'on trouve qu'il s'était occupé des lois de la pesanteur avec Pascal, alors seulement âgé de dix-sept ans.

Ici l'Italie se soulève à son tour, et prouve que Galilée n'a jamais écrit en français, qu'il ne savait probablement pas.

Malgré tout, l'Académie déclare, le 5 Août 1869, que toutes ces pièces portaient le cachet de l'authenticité. On s'appuyait surtout sur une lettre de Galilée à Louis XIII., paraphée par Louis XIV., manu propriâ.

Pendant ce temps, les accusations de faux pleuvaient de toute part. M. Breton (De Champ) démontre que seize notes de Pascal, et deux fragments d'une lettre de Galilée, ne se composaient que de passages littéralement copiés dans "L'Histoire des Philosophes Modernes," par Alexandre Savérien.

M. Sylvain Van de Weyer, Ministre de Belgique à Londres, aussi fin connaisseur en bibliographie qu'habile diplomate, écrivit au Daily News, le 10 Mai 1869, une lettre dans laquelle, surprenant le faussaire la main dans le sac, il montre qu'une lettre supposée de Milton à Louis XIV., sur son voyage en Italie, était prise, phrase par phrase, dans la notice sur Milton, que M. Villemain avait insérée dans ses Mêlanges.

M. W. G. Clarke publie une lettre dans la Pall-Mall Gazette, du 27 Septembre de la même année, au sujet de plusieurs autographes supposés de Shakespeare, écrits en français, et y donne la preuve que ces pièces sont tellement remplies d'anachronismes et d'invraisemblances, qu'on ne peut assez s'émerveiller de l'extrême ignorance de M. Chasles.