Finalement, M. Le Verrier lit un mémoire à l'Académie, démontrant que les lettres de Newton, de Pascal, de Malherbe, de Rotrou, de Montesquieu, de Maupertuis, de Louis XIV., de Leibnitz, etc., etc., n'étaient composées que de fragments copiés dans les ouvrages de Voltaire, de Thomas, du Duc de La Vallière, de Chauffepié, et autres.
Les procédés de fabrication étaient maintenant mis à découvert.
Cette colossale manufacture de pastiches allait chercher ses sujets jusqu'au delà de l'ère chrétienne. Il y avait des lettres de Jules César et des empereurs romains, plusieurs des rois mérovingiens, de Charlemagne, d'Alcuin, des Apôtres, de Boèce, de Cassiodore, de Grégoire de Tours, de Saint Augustin.
M. Michel Chasles déclara, en pleine académie, qu'il avait acheté plus de vingt mille de ces pastiches, et qu'il avait payé au fabricateur plus de cent cinquante mille francs!
Ce qui doit vraiment faire douter que le collectionneur, tout grand mathématicien qu'il fut, était compos mentis, c'est que parmi ces autographes il y en avait du sage Thalès, de Pythagore, de Sapho, de Lazare le ressuscité, de la Madeleine. Bien plus, ceux de Jules César et des empereurs romains étaient écrits en français!
Nous ne pouvons nous empêcher de donner un spécimen ou deux:—
Lettre de Sapho a Phaon.
Sapho à son très-amé Phaon, salut.
"Très chier amé, près de ces bords charmans où la veue admire en s'égarant, une immense estendue, où la plaine des mers et la vouste des cieux semblent dans le lointaing se confondre, ...ce fut là que embrasé par l'amour, tu me donna (sic) le premier baisé, et me pressa de le rendre," etc., etc.
Défi de Jules César a Vercingetorix.