Là-dessus il examine le style de Volupté, du Sainte Beuve du 19me siècle, et après avoir lu le portrait de religieuse que l'auteur y décrit, il ajoute, "Il n'est pas permis d'écrire ainsi. Un visage macéré avec un éclair d'aurore inaltérable; une créature dont la chair est contrite, et puis un suaire qui illumine, un amoureux sourire intérieur qui ne dissipe jamais le perpétuel nuage!"

La lettre continue ainsi et finit par la critique des poésies de Joseph Delorme et des Consolations.

La quatrième lettre expose les plaintes que fait Guez de Balzac, de son fils naturel qui, dit-il, fait des Scènes de la vie privée, par douzaines, et détruit la langue par ses tours et ses expressions étranges.[162]

[162] Il est curieux de comparer à plus de trente ans de distance, cette opinion sur le style de Balzac, avec celle de H. Taine, dans ses "Nouveaux Essais de Critique." Elle est singulièrement sévère: "Son style choque ou étourdit, dit-il, c'est un artiste violent, malade, hors de qui les idées font péniblement explosion en style chargé, tourmenté, excessif," etc.

Dans deux autres lettres bien imitées, Victor Hugo est moins maltraité que Sainte Beuve et Balzac, et les dernières plaisantent d'une manière très agréable, sur les expressions et les tendres sentiments de M. de Chateaubriand pour Mme. de Récamier.

Il est à regretter que N. Chatelain n'ait pas inséré dans son recueil de Pastiches et imitations libres, une autre lettre de Mme. de Sévigné, publiée en 1829, sous le titre de "Visite de Mme. de Sévigné, à l'occasion de la Révocation de l'Edit de Nantes." C'est un tour de force vraiment remarquable, car il est impossible de mieux imiter le style.

Deux nouvelles lettres pastiches du même auteur, sur cet axiome politique, "Il faut mater le peuple par la prospérité," ont été publiées en 1839, dans un opuscule intitulé La Muselière.

Chatelain rappelle, dans un appendice, que Mlle. Lespinasse, cette charmante lectrice de Mme. du Deffand, a ajouté deux chapitres pastiches au voyage sentimental de Sterne. Elle y célèbre avec grâce et bonheur deux bonnes actions de cette dame. Ces chapitres ont été insérés dans les œuvres posthumes de d'Alembert.

On se rappelle la vogue qu'eurent durant la première moitié de ce siècle, les Mémoires du fameux Prince Eugène de Savoie. Les faits y sont si bien exposés (comme aurait pu le faire le héros qui humilia si fort Louis XIV.) que le public s'y laissa prendre d'abord, mais la supercherie fut découverte par Fontanes, et aussitôt avouée par le Prince de Ligne.

En donnant à son tour un recueil de pastiches de quelques grands écrivains, le Marquis du Roure exprime, après chacun des sept morceaux qu'il compose, son jugement sur l'original, afin de montrer le mécanisme, si nous pouvons employer ce mot, de ces sortes de compositions.[163]