[165] L'Académie de Lyon en 1809, ou analyse raisonnée du compte-rendu des travaux de cette Académie.
Une critique-pastiche du même genre, mais d'une plus haute portée, et très sévère pour plusieurs des noms célèbres du commencement de notre siècle, parut en 1821, sous le titre de "L'Elysée, ou quelques scènes de l'autre monde." On l'attribue à Cadet de Gassicourt.
Le sujet est Napoléon I. paraissant devant le tribunal qui juge les rois, et la description de la séance extraordinaire de l'Académie Elyséenne, à l'occasion de l'admission de Napoléon au nombre des immortels.
Une idée assez originale, c'est que les ombres de tous ces grands personnages sont sous la condition imposée par le destin, de ne plus rien dire de nouveau. Ce qui fait que pour ne pas repenser sans cesse (comme s'exprime Mercier, à la page 44), elles puisent leurs discours dans les productions contemporaines, dont elles reproduisent les formes et les idées.
Ainsi Mercier, dans une conversation avec Mme De Staël, veut lui faire un compliment et lui dit, "Vous vous avancez comme l'aurore, votre bouche est comme une grenade entr'ouverte, et vos yeux sont purs comme les piscines de l'Hésébon. Vous êtes brillante comme une des roses mystiques sur un trône de candeur, semblable à la galère athénienne chargée de porter les présents sacrés de Cérès. O! je vous en conjure par les chevreuils des montagnes, soutenez-moi avec des fleurs et des fruits, car mon âme s'est fondue à votre voix."[166]
[166] Les Martyrs, et le Génie du Christianisme, passim.
Dans le discours prononcé par Mme De Staël devant l'Académie, elle fait un brillant panégyrique de Napoléon, en imitant les formes de ses "Considérations sur les Révolutions."
Après plusieurs autres discours satiriques, cette séance de l'immortelle Académie est terminée par des couplets, des cantates et des chants d'apothéose des écrivains les plus plats et les plus flagorneurs, de la littérature du premier empire.
L'emphase, souvent exagérée, de Chateaubriand, a naturellement donné lieu à de faciles pastiches. Un des plus amusants est, "L'Itinéraire de Pantin au Mont Calvaire,"[167] qui fut lu par toute la France, à cette époque, et dont la lecture, même aujourd'hui, est encore très plaisante.
[167] "Itinéraire de Pantin au Mont Calvaire, en passant par la rue Mouffetard, le Faubourg St Marceau, ceux de St Jacques et de St Germain, les Quais, les Champs Elysées, etc., etc.; ou, Lettres inédites de Chactas à Atala, ouvrage écrit en style brillant, et traduit pour la première fois du Bas-Breton," par M. De Chateauterne. In 8vo de 220 pages. Paris, 1811.