Cette brochure de dix pages est devenue très rare.[190]
[190] Voir les Notes and Queries, du 23 Mars, 1872, No. 221, page 234.
Nous ne pouvons nous occuper des manuscrits inédits, quoique bien des suppléments puissent y être enfouis: Ainsi Paulin Paris, dans son "Analyse des Manuscrits de la Bibliothèque du Roi," tome i. p. 39, fait mention de Commentaires de César, traduits et augmentés par un anonyme.
Il arrive parfois que les auteurs anciens ont annoncé une continuation que nous ne possédons pas. Ainsi Lucien à la fin du second livre de son Histoire Véritable, dit qu'il allait décrire les merveilles qu'il avait vues aux Antipodes. Il eut été très intéressant de voir ce qu'il eût imaginé sur ce thème, plusieurs siècles avant l'ère chrétienne. On ignore si ces livres annoncés sont perdus, ou si jamais Lucien ne les a écrits; mais le neveu de d'Ablancourt a continué cette histoire, et d'Ablancourt a fait imprimer cette continuation à la fin de sa traduction. Elle est intitulée, "Description de la République des Animaux; Hommage qu'ils viennent rendre au Phoenix; Passage de Lucien aux Antipodes; Bataille des Animaux contre les Sauvages; Pacification par l'entremise de Lucien."
L'auteur du supplément, par une idée bizarre, avoue qu'il n'a pas cru devoir imiter le philosophe de Samosate, en écrivant des choses qui n'ont aucun fondement dans la raison, et qu'il n'a rien écrit qui n'ait quelque sens allégorique, ou quelqu'instruction mêlée avec le plaisir. Quel dommage qu'il n'ait pas déraisonné comme Lucien!
Le grand succès, obtenu par des romans, a souvent fait naître la pensée d'en donner une continuation, mais presque toujours cette tentative a peu réussi.
Citons-en quelques-uns seulement.
Le Tom Jones in his Marriage State, est loin d'avoir la valeur artistique du roman de Fielding, dont Coleridge, dans son Table-Talk, a certes exagéré le mérite lorsqu'il dit, "Upon my word, I think the Œdipus, the Alchemist, and Tom Jones are the three most perfect plots ever planned."
La suite de la Marianne de Marivaux, est très spirituelle. La manière et le style de l'auteur sont bien imités.[191]
[191] Par Mme Ricoboni, morte en 1792, femme du comédien, et auteur dramatique de ce nom.