"Rien n'est beau que le vrai, le vrai seul vaut de l'or,
Parfois le faux pourtant se vend plus cher encor."
Les curiosités artistiques pastichées ont leur prix, à aussi juste titre que les Bibelots historiques.
Quoique l'on trouve disséminés dans une foule d'ouvrages, quelques renseignements sur les contrefaçons et les faussetés dans les beaux arts, il n'existe guère d'exposé général sur ces sortes de pastiches.
C'est pourtant la première signification de ce dernier vocable, selon le grand dictionnaire de Littré, qui le définit, "L'imitation servile de la main, de la manière de composer et du coloris du peintre, du graveur ou du sculpteur, sous le nom duquel le pasticheur veut produire son ouvrage."
De ces imitations, faites dans l'intention de tromper, naissent beaucoup de confusion et de défiance, un dommage irréparable pour les acheteurs de bonne foi ou inexperts, et quelquefois même un dommage certain pour des vendeurs honnêtes et loyaux, comme nous en verrons des exemples.
Cette falsification dans les arts remonte presqu'aussi haut que celle dans les lettres.
Pline l'Ancien (Histoire Natur. XXXV. 2) signale déjà comme purement imaginaire, le portrait d'Homère, venu de la Grèce, dont plusieurs copies sont arrivées jusqu'à nous, et sont demeurées classiques.
Au témoignage de Phèdre le fabuliste, né sous le règne d'Auguste, et mort du temps de Néron, les Romains aussi étaient déjà dans l'habitude de pratiquer ces sortes de fraudes:
"Ut quidam artifices nostro faciunt seculo,